Pourquoi adhérer ?

Extrait du bulletin n°148 : « C’est la première fois que j’écris dans le bulletin des Anciens, et je le fais en portant plusieurs casquettes : celle de l’ancienne élève qui a fait sa rentrée en 6eme en 1982, à une époque où les filles n’étaient pas encore très nombreuses à la Malgrange, celle de membre du comité des Anciens, et celle de l’enseignante.

J’écris en me posant cette question : qu’est ce qui peut de nos jours, où les moyens de connection sont de plus en plus performants, pousser un élève fraîchement sorti de la Malgrange ou de St Sigisbert à adhérer à notre Amicale ? Rien.

Si nous sommes une école comme les autres, alors nous ne pouvons rien apporter de plus. Le nouveau bachelier peut rester en contact par Facebook avec ses amis, prendre de leurs nouvelles à l’aide des mails. Quelle est, alors, notre utilité ?

En ces temps confus où l’Europe est vue comme terre d’accueil, alors qu’elle est déjà elle-même en pleine crise, où notre identité judéo-chrétienne (Diantre, quel est ce mot ?) est questionnée, l’adhésion à l’Amicale me semble pourtant plus que jamais nécessaire.

La Malgrange, ce n’est pas qu’une école avec de bons résultats. La Malgrange c’est, avant tout, une communauté, une famille. On y vient pour apprendre, certes, mais aussi pour devenir un citoyen responsable, ouvert, soucieux des autres, aux racines solides. C’est sans doute le but de toutes les écoles, mais je doute que toutes y parviennent.

Ici, la vie de l’établissement est rythmée par des rencontres, des sorties culturelles, des conférences, des célébrations, des fêtes. Les élèves s’approprient rapidement les lieux. L’insigne renforce ce sentiment d’appartenance, ils ne sont plus élèves, ils deviennent Malgrangiens. Et lorqu’un ancien élève en rencontre un autre, ils se mettent vite à fredonner « Amis de la Malgrange » en souriant au bon vieux temps. Il ne s’agit pas que de nostalgie. L’avenir se construit sur un passé serein, sur un sentiment d’appartenance.

Alors oui, il y a des raisons de s’inscrire à l’Amicale, car elle fait le lien entre le passé et l’avenir. Si le futur peut faire peur, le passé peut nous aider à mieux l’appréhender. Je crois que c’est cela que nous pouvons apporter à nos Jeunes, un sentiment d’appartenance face à laquelle les nouvelles technologies ne font pas le poids : rien, jamais ne remplacera une conversation où des amis de longue date se remémorent en souriant leurs souvenirs communs. L’amicale, c’est le cœur de la Malgrange, un phare qui guide, qui éclaire tout au long d’une vie, un phare qui, sur une route semée d’embûches, où l’appât du gain, l’ambition démesurée, le manque de compassion et de réflexion nous égarent, éclaire notre vie, et nous fait rester dans le droit chemin.

Frédérique DIEUSET-BERNAUDIN (M1989),
Membre du Bureau »