Extrait Bulletin 164 Juin 2026
La fermeture de l’internat de La Malgrange : la fin de 190 ans d’histoire.
C’est une décision historique pour notre ensemble scolaire : après 190 ans d’existence, l’internat de La Malgrange ferme ses portes. Une page se tourne, dictée par une réalité implacable : la chute du nombre d’internes.
Ils étaient près de 350 à certaines périodes pour seulement 3 externes, ils n’auraient été plus que 12 l’année prochaine.
Depuis le XIXᵉ siècle, l’internat a façonné l’identité de La Malgrange. À une époque où les déplacements étaient longs et complexes, il permettait à des élèves venus de toute la région, parfois de très loin, de suivre une scolarité exigeante dans un cadre structurant.
Après la Seconde Guerre mondiale alors que les effectifs scolaires augmentaient de façon incroyable, l’internat a connu ses heures les plus pleines. Les dortoirs étaient alors largement occupés, et la vie collective, rythmée par les études surveillées et les temps communs, constituait un véritable creuset éducatif.
Au fil des décennies, les modes de vie ont changé. La proximité géographique, la démocratisation des transports et de nouvelles attentes des familles ont progressivement vidé l’internat. Année après année, les effectifs ont diminué jusqu’à atteindre un seuil devenu intenable. En 1992, il était déjà question de fermeture les effectifs étant passés sous la barre des 100 élèves.
La fermeture s’impose aujourd’hui comme une nécessité. Mais elle reste chargée d’émotion pour tous ceux qui ont connu cette vie à part.
Car l’internat n’était pas seulement un lieu : c’était une expérience fondatrice. Et si ses portes se ferment, son esprit, lui, continue de vivre à travers chacun de ceux qui y ont grandi.
La disparition de l’internat ne signe pas la fin de son histoire, mais son passage dans la mémoire collective. À travers les générations d’anciens élèves, ce qu’il a représenté – exigence, fraternité, construction personnelle – continue de se transmettre.
Il nous appartient désormais d’en être les témoins et les passeurs. Car si les murs se taisent, les souvenirs, eux, demeurent.
Bien cordialement à tous les anciens
David JOBERT
Chef d’Établissement coordinateur
